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Inde: contrastes et leçons de vie dans les rues d'Ahmedabad

ReportagePublié le 20-06-2017 16h05

Hommes, femmes, animaux partagent le même espace aux abords des voies. Photo Acturoutes

Entre Ghandinagar et Ahmedabad, deux villes de l’Etat du Gujarat en Inde, les arbres en bordure des voies envoient des reflets lumineux. Projecteurs et guirlandes ont été fixés au couvert végétal donnant un spectacle féérique aux visiteurs que sont les participants aux 52e Assemblées annuelles de la Banque Africaine de Développement (BAD) du 22 au 26 mai 2017. Un ornement un peu exagéré quand on observe les manœuvres souvent déplacées des conducteurs de voitures et surtout de motos, les plus nombreux dans le trafic. Sur Adalaj Uvarsad Road, des femmes se tiennent à l’ombre, harassés par la tache qu’est la leur de nettoyer la chaussée avec pour seul équipement des balais en paille. D’autres ont des plateaux chargés de sable ou de gravier participant à la construction de bâtiments. Dans cette partie de l’Inde comme dans le reste du pays, la femme est encore à des corvées difficiles. Le discours sur l’égalité des genres est-il parvenu jusqu’à ce peuple dont les femmes restent très attachées au Saari? «Ce sont des femmes comme toutes autres. Elles viennent de contrées rurales pour chercher un peu d’argent. N’allez pas croire qu’il s’agit d’une caste », a précisé un interlocuteur à notre préoccupation de savoir quelle est l’origine de ces femmes apparemment très démunies. Pauvres et riches Une autre réalité que révèlent les routes d’Ahmedabad est la contigüité et l’affichage de la pauvreté de certaines familles. Des logis similaires à des huttes ouvrent leurs portes laissant découvrir des lits reposant sur du bois sec. Sur CG Road, des familles se couchent à même le sol. La mère modestement vêtue, les enfants se contenant de la poussière comme espace de jeu. Juste à côté, des immeubles s’élèvent, des voitures de haute gamme sont stationnées. Le luxe se frotte à la misère dans une proximité extrême. Sommes-nous dans un quartier riche où pauvre ? Un originaire du pays explique qu’Ahmedabad est une vieille ville qui sort progressivement de la léthargie. De nouvelles citées naissent de l’autre côté du fleuve qui sépare la ville d’Est en Ouest. Mais alors comment se sent-on quand on aperçoit chaque matin son voisin descendant d’une voiture alors qu’on se contente d’un repas par jour ? Pour les citoyens d’Ahmedabad approchés sur la question, «rien de choquant, rien d’anormal». Mathma Ghandi, for ever L’Inde, considérée comme un pays émergent, a réussi ici un miracle. Des analystes expliquent que la force des puissances de l’Asie comme l’Inde est d’avoir des industries mais surtout des «Etats forts». Ce qui manque aux pays africains. Ailleurs, en effet, les inégalités sociales auraient donné lieu à des conflits permanents. Certains évoquent la forte influence de l’héritage pacifique laissé par Mathma Ghandi pour expliquer ce tempérament placide des Gujarati. Cet ardent défenseur de la non-violence était un fils de la région. Et de nombreux édifices, du musée aux espaces publics en passant par la bibliothèque et des monuments, ont été érigés en sa mémoire. «Ghandi, c’est comme un dieu ici. N’est-ce pas pareil pour Mandela en Afrique ?», confie un homme d’une trentaine d’années, apparemment très intéressé par la civilisation africaine. Peut-être parce qu’il y a peu de noirs dans la ville. Vous avez dit racisme ? Alphonse K. un étudiant ivoirien arrivé en 2016 à Ahmedabad et qui nous à rejoint dans notre hôtel, indique que pas plus d’une vingtaine d’étudiants africains ont été recensés dans cette partie de l’Inde. Les plus gros contingents d‘étudiants africains se trouvent plutôt à New Delhi, la capitale, et dans l’Etat du Bangalore. En Inde, cet Africain dit avoir découvert d’une part un peuple docile et travailleur, d’autre part un racisme contenu mais qui peut s’exprimer de façon violente. Certains de ces camarades, raconte-t-il, ont été expulsés des domiciles qu’ils occupaient, d’autres ont vu leurs passeports confisqués par des allogènes qui leurs reprochent une «trop grande aisance» dans leurs comportement. Comprendre par là que les étrangers ne peuvent pas vivre à Ahmedabad comme s’ils étaient à Abidjan, Kinshasa, Abuja ou toute autre capitale africaine avec la musique à fond, des rapports affichés avec les femmes, dans une contrée où l’orthodoxie interdit même la consommation de l’alcool. Célestin KOUADIO Envoyé spécial en Inde c.kouadio@acturoutes.info

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