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Abidjan: transporteurs et "syndicats" au bord de l'affrontement à cause d'un pont

ReportagePublié le 20-03-2017 10h51

L'ouvrage est resté interdit pendant plus de deux mois après la fin des travaux. Ph. N'Guessan N.

A l’origine, les ponts sont faits pour relier deux points, rapprocher deux bords, deux communautés. Mais celui érigé sur un canal, dans le périmètre situé en face du Zoo d’Abidjan, a la particularité de figer le désaccord entre deux catégories d’acteurs du transport urbain: d’un côte, les syndicats et de l’autre les chauffeurs de taxis communaux. Eclairage.

Les syndicats, représentés par la Confédération de transporteurs de Cocody, ont aménagé une nouvelle gare sur la rive sud du canal. Les chauffeurs de taxis refusent de s’y installer. Le pont érigé pour desservir la nouvelle gare est donc boycotté par les taxis. Une situation que digèrent mal les syndicats. Dernier fait en date: une bagarre entre des «gros bras» agissant pour les syndicats et des chauffeurs a fait un blessé, dimanche sur la voie temporairement utilisée par les transporteurs pour charger les usagers.

Un projet «noble».

Pour comprendre l’idée de construction d’un pont sur la canalisation scindant l’espace en deux parts, il a fallu rencontrer le «père» du projet, Traore Adama, chef d’entreprise de transport et président de la Confédération des transporteurs de Cocody. «Il s’agissait pour nous d’opérer des aménagements en vue d’offrir aux transporteurs un espace plus approprié de sorte que l’activité de transport se fasse dans les meilleurs conditions, tant pour les transporteurs que pour les usagers. Le pont permet d’accéder à la rive sud. La gare située juste en face du Zoo (rive nord) et en bordure de route est taxée de créer des embouteillages. Notre intention est aussi de contribuer à l’assainissement du périmètre», a-t-il confié à Acturoutes, tout en insistant sur le caractère purement «bénévole» de l’initiative. Au bas mot, ce sont une trentaine de millions qui ont été engloutis dans le chantier, selon le bilan de Traoré Adama qui dit «ne rien attendre en retour». Dans ce sens rien, de reprochable au projet. La passerelle semblait d'ailleurs très attendue par les habitants du quartier coiffant les collines riveraines, Colombie. Une dame croyant avoir affaire à un ouvrage réalisé par l’Etat a salué les actions du gouvernement. «Ce pont parait plus sûr que les planches de bois qui servaient à enjamber le canal», ajoute-t-elle. Les habitants du quartier ont moins peur de voir la période des grandes pluies au cours desquelles il est hautement risqué d’emprunter le pont en bois.

Les taxis dénoncent un «pont à péage»

A part les piétons pour qui des passages sont également aménagés, le pont n’attire toujours pas de monde. Dimanche, moins d’une dizaine de taxis sur plus de 150 engins assurant les dessertes à partir de ce point faisaient la rotation sur la nouvelle gare en arpentant le pont d’environ 5 m de large encore blanc du béton fraichement livré. Ce lundi, des volontaires rabattaient des véhicules afin de les convaincre d'embarquer des voyageurs en nombre croissant. Pourquoi un tel boycott ? L’un des reproches faits au promoteur est la volonté de monnayer le passage sur l’ouvrage. Une sorte de « pont à péage » qui mettrait une pression supplémentaire sur les taxis déjà pliés à l’obligation de s’acquitter des droits de ligne. «L’activité des syndicats est interdite par la mairie. On ira jusque chez le Chef de l’Etat s’il le faut pour dire non à ce pont», se plaint un chauffeur. Pour le coordonnateur de l’association des taxis communaux dans la Zone du Zoo, en plus de la tentative de retour des syndicats, il existe dans le projet un contentieux «légal» qui doit être préalablement levé. «Le pont est illégal. Il a été bâti sans aucune autorisation. Pour preuve, la Direction du Zoo a bloqué la mise en service de l’ouvrage. Nous en tant que conducteurs ne pouvons pas nous engager dans un chemin qui n’est pas conforme à la loi. Si l’autorité (la mairie) nous donne un Ok pour que nous nous installions sur le nouveau site, nous aviserons», explique M. Kouman Kouakou. M. Traoré, de son côté, dément fermement toute idée de péage. «Pourquoi voudrait-on faire payer nos adhérents. Il n’en a jamais été question. Ceux parlent de droit à payer veulent juste vendre de la désinformation et de la délation pour me salir», fait-il savoir. C'est d'ailleurs la montée des commentaire «désobligeants», d'après lui, qui l'ont poussé à barricader l'accès au pont depuis l'achèvement des travaux à la mi-décembre 2016.

«Tout sauf le retour des syndicats»

Les conducteurs de taxis interrogés dimanche matin ont répondu que rien ne leur avait été exigé comme droit de péage. Mais la question n’est pas à exclure. « Ils n’exigent rien aujourd’hui, parce qu’ils veulent avoir le maximum d’adhérents à leur cause. Une fois que nous auront tous adopté cette gare. Ils viendront nous imposer des taxes », confie un chauffeur de taxi abord duquel nous avons poursuivi la discussion. Auparavant, les syndicats extorquaient une patente quotidienne de 700 FCFA par taxi, avant que la mairie de Cocody ne suspende ce prélèvement. Les transporteurs craignent que les syndicats se servent du droit de passage sur le pont comme retour sur investissement pour rattraper cette manne qui leur échappe depuis deux ans.

Deux gares sur un même site?

Les chauffeurs de taxis reconnaissent que les conditions actuelles de chargement et de déchargement des clients comportent de grands risques. Les véhicules s’alignent sur la pente ascendante de la voie menant au carrefour Duncan. Les voyageurs attendent, alignés pratiquement sur la chaussée. «Nous avons pris l’initiative d’ouvrir le pont dès ce matin (dimanche). Pour nous, l’urgence s’impose désormais. Car une femme a été renversée hier (samedi) par un taxi au niveau du point de chargement en bordure de route», fulmine un homme qui se présente comme un membre de la Confédération de transporteurs de Cocody. Les chauffeurs de taxis espèrent que la mairie va se dépêcher d’aménager l’espace qu’elle leur a accordé pour mener en toute liberté leurs activités. Il y aura alors, en face du Zoo, deux gares de taxis communaux reliées par un pont mais dont les promoteurs ne manqueront pas de se guetter dans une ambiance de rivalité. Maintes fois citée dans le débat, la Direction du Zoo d’Abidjan n’avait pas encore répondu à la demande d’entretien formulée par ACTUROUTES.

Célestin KOUADIO

c.kouadio@acturoutes.info

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