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Philippe Cabus (DG Total-CI) : "nous allons investir 8 milliards par an"

InterviewPublié le 15-03-2016 11h14

Le DG de Total-CI dit faire de la sécurité routière une priorité. Photo Acturoutes

Au cours d’un entretien, le Directeur Général de Total Côte d’Ivoire a répondu aux questions des journalistes de Acturoutes. La chute des cours du pétrole, les investissements du groupe pétrolier en Côte d’Ivoire, la sécurité routière, l’appui aux initiatives des jeunes…Presque tout a été évoqué et Philippe Cabus y allé avec des chiffres.

Les cours du pétrole ne font que baisser. Comment analysez-vous la situation ? Le groupe Total est organisé en différentes branches. La question du cours du pétrole est un sujet macroéconomique qui impacte différement les différents secteurs d’activité pétrolière, exploration production, raffinage chimie ou marketing et services. Je dirais que les prix bas de l’énergie favorisent nos clients.

Il n’en demeure pas moins que cela peut influencer la stratégie commerciale de Total Côte d’Ivoire Force est de constater que les prix de l’énergie sont plutôt bas par rapport à ce qu’on a pu connaître par le passé. Évidemment c’est un avantage pour nos clients vu que cela diminue leurs charges. Moi en tant que distributeur de produits pétroliers, je ne peux que l’apprécier.

Voulez-vous dire que cela ne modifie pas vos projets commerciaux ? Cela n’influence pas nos projets parce que nous sommes dans des cycles longs. On investit pour du long terme. On est ici en Côte d’Ivoire depuis très longtemps, depuis 1947. Les investissements que nous faisons dans les équipements, dans la logistique, dans les stations-service, etc, sont des investissements lourds. Vu la qualité des équipements que l’on déploie, ce n’est pas pour une ou deux années mais pour des dizaines d’années. Il se trouve qu’aujourd’hui le cours du baril est bas. C’est bien pour nos clients mais ça ne change pas nos capacités de décisions. En ce qui concerne Total Côte d’Ivoire, on a les budgets d’investissements qui sont nécessaires pour adapter notre société au développement économique de la Côte d’Ivoire. On va poursuivre les investissements. Nous sommes déjà engagés dans un développement des stations-service et un programme de rénovation grâce au concept TAIR qui est la nouvelle image du réseau Total. Le cahier des charges que l’on a donné à nos architectes pour ce concept est de mieux intégrer la station-service dans son environnement, essentiellement urbain mais aussi périurbain. Je fais le parallèle avec l’exposition en cours à la Fondation Donwahi (Ndlr: une galerie d’exposition sise à Cocody Les Deux Plateaux), qui porte sur « la ville du futur ». Nos architectes ont pensé à la station-service dans le cadre des villes du futur. Vous constatez que le design est très léger, très épuré. Les couleurs ne sont pas agressives, de sorte que l’ensemble fasse partie de l'environnement. En fin 2015, on a rénové la moitié de notre réseau de stations-services. On va terminer d'ici 2 ans. Nous avons des offres nouvelles qui se développent. Nous positionnons les stations-service en fonction des développements urbains. Nous travaillons sur l’ensemble du territoire de la Côte d’Ivoire. Très prochainement, une douzaine de stations-services à Bouaké seront rénovées entièrement. C’est un gros investissement. Le faisant, Total va également apporter des services supplémentaires: boutiques, restaurant rapide, espaces de lavage auto avec du matériel moderne, etc…Tout ce qui facilite la vie du client.

A combien se chiffrent les investissements mentionnés plus hauts ? C’est de l’ordre de 8 milliards de FCFA par an.

A part la rénovation des stations-service, qu’est-ce qui est prévu ? Tout est pris en compte. On a des investissements pour des clients chez qui on entrepose le matériel logistique. On investit aussi dans les dépôts logistiques de gaz et de carburant, tout comme dans les bouteilles de gaz. A l’aéroport, on a des véhicules pour approvisionner les avions. Les investissements se font aussi dans les équipements de bureaux, etc.

Les grandes compagnies pétrolières s’intéressent aussi à la sécurité routière. Qu’est-ce qui est fait dans ce domaine par Total Côte d’Ivoire? Total est plutôt leader sur ce terrain-là. Depuis longtemps, on a redéfini un certain nombre de règles internes pour transporter nos produits parce que les hydrocarbures nécessitent des précautions. En clair, tous ceux qui travaillent avec nous doivent se conformer à un cahier de charges strict et précis sur l’âge des camions, la formation des chauffeurs, l’observation des règles de sécurité, la maintenance des équipements, notamment les camions-citernes, les systèmes de sécurité interne, le contrôle des activités. Le camion passe un ensemble de tests d’une vingtaine de points. S’il est apte, il est chargé dans le cas contraire, il ne charge pas. On observe aussi les temps de repos des conducteurs, tout comme les périodes de service. Les camions ne roulent pas de nuit. Il y a un suivi en temps réel par un système qui suit l’itinéraire du camion. Tous les chauffeurs sont identifiés et sont formés avec à l’appui un check médical qui détermine leur aptitude. En cas de violation, il y a des sanctions qui vont jusqu’à l’exclusion du chauffeur et les meilleurs d’entre eux sont récompensés dans le cadre d’un challenge annuel.

En dehors des transporteurs membres de votre réseau, que faites-vous pour la sécurité routière auprès des automobilistes ordinaires ? Je serais ravi de m’associer à des campagnes de sécurité routière, aux côté des acteurs institutionnels en charge de cette démarche. Nous pouvons accompagner des associations dans ce sens. Dans d’autres pays, nous avons fait des tournées avec des associations qui expliquent le code de la route aux enfants. Donc tout ce qui vise à améliorer la sécurité sur la route nous intéresse.

Vous parliez d’une douzaine de stations-services en rénover à Bouaké. S’agit-il uniquement de la ville de Bouaké ? Non, on va rénover toutes les stations sur l’ensemble du pays, mais pas en même temps. Ce sera par phases. J’ai cité Bouaké parce que c’est éloigné d’Abidjan. La rénovation des stations de Bouaké mobilise beaucoup de gens à l’intérieur du pays. Au niveau de la sécurité également, les entreprises chargées des travaux sont sélectionnées et tenues de respecter un cahier de charges très précis, plaçant la sécurité des opérations au premier plan. Elles ont fait l’objet d’un audit sur leurs agréments et leurs équipements. Cela participe du développement des compétences de ces entreprises et du coup des entreprises sont prêtes à se voir confier des chantiers et des marchés. Comme avec les transporteurs, c’est un cercle vertueux.

Ce programme de rénovation est-il votre réponse à l’après-crise qu’à connue le pays ? Quand il y a eu la réconciliation, les équipes de Total Côte d’Ivoire ont été les premières sur place à aller rouvrir les stations en zone CNO. Dans ce processus, en même temps que la remise en état, nous améliorons l’image de notre réseau avec de nouveaux designs, des boutiques, des restaurants. Derrière, nous offrons aussi du e-cash (transfert d’argent via le téléphone mobile).

La zone nord est-elle rentable pour vous aujourd’hui ? Oui. Dès l’instant où on a certains volumes et qu’on développe des activités annexes, on fait en sorte qu’elle soit rentable en ajoutant des revenus autres que la vente de carburant. Quand une station fait 400 mille litres en ville et une autre qui fait 150 mille litres à la campagne, si vous n’avez pas d’activités annexes, c’est difficile d’amortir ces investissements.

L’un de vos concurrents est en train de développer un projet d’aires de repos avec une compagnie privée. Vous semblez faire la même chose… C’est une question de surface de terrain. Il est évident que quand vous avez des stations dites de jalonnement où l’automobiliste a fait 200km, il faut qu’il s’arrête pour se restaurer, se reposer avoir un ticket de parking, etc.

Qu’est-ce qui fait la différence entre vos produits et les autres. Prenons, pour exemple, les huiles ? C’est une question très technique. Les huiles sont composées d’huile de base et de packages additifs. Quand vous faites la cuisine, vous pouvez choisir entre des ingrédients de très bonne qualité ou d’autres de moindre coût. C’est le même principe avec les huiles. Les huiles de bases, il y en a de moins chères, d’autres sont plus chères parce que plus raffinées, plus nobles. Nous à Total, nous prenons le groupe A, c’est-à-dire le top. Parce que nos huiles sont censées répondre à des homologations de grands constructeurs. On ne va pas ruiner notre réputation en achetant des produits de moindre qualité. Par ailleurs il y a des lubrifiants qui sont dédiés à chaque technologie de moteur. Il y a des moteurs sommaires et d’autres extrêmement pointus. Nos huiles répondent à chaque utilisation. Nous avons des analyses d’huiles pour nos clients industriels. On a des lubrifiants qui permettent d’améliorer la longévité des moteurs et d’espacer les intervalles de vidange.

Total soutient les jeunes entrepreneurs à travers un concours de start-up. Quel est le bilan sur ce sujet ? Vendredi prochain (Ndlr : vendredi 11 mars 2016), on va suivre la soutenance des 10 finalistes. Les trois vainqueurs seront sélectionnés au terme de cette séance de soutenance. Les lauréats seront ensuite accompagnés par un organisme incubateur pour leur développement. Un budget de 20 millions est prévu pour ce projet qui a suscité un très grand engouement chez les start-up ivoiriennes. C’est un moyen de favoriser l’émergence des initiatives.

Acturoutes prévoit une cérémonie de distinction pour les acteurs africains des routes et des transports. Le projet est baptisé The Africa Road Builders. Quel commentaire ? Je vous dis bravo pour ce projet parce que la route est vitale dans un pays. Le comportement routier est très important. Il faut rendre la route plus sûre. A Total, nous sommes indirectement des acteurs, puisque nous transportons nos produits sur les routes. Nos clients sont des automobilistes qui sont sur les routes. Il faut que chaque partie prenante réfléchisse au moyen de rendre la route plus sûre. Nous le faisons à travers notre programme de transport appelé Programme d’amélioration du transport routier qui date de plusieurs années et qui est développé dans toutes nos filiales, parce qu’on déplorait le nombre d’accidents qui surviennent le plus souvent pour des raisons humaine que techniques. C’est pourquoi on a de plus en plus besoin de systèmes qui empêchent que ces règles de sécurité routières soient violées.

Interview réalisée par

Barthelemy KOUAME
barthelek@acturoutes.info

Célestin KOUADIO
c.kouadio@acturoutes.info

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