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Sénégal

Mamadou Faye: «Il faut des textes qui garantissent la pérennité des fonds routiers»

Publié le: mer. 11/05/2022, 06:12

Ouverte lundi à Dakar, la 19e AG de l’AFERA a réussi la mobilisation des participants. Pour le patron du FERA du Sénégal, c’est le signe que le message sur les enjeux est passé. Entre deux séances de travail, Mamadou Faye s’est confié à Acturoutes.

Le Directeur général du FERA du Sénégal, Mamadou Faye. Ph. DR

Les premiers ateliers techniques ont lieu suite à une cérémonie officielle qui a mobilisé un beau monde. Quelles sont vos impressions, vous qui accueillez ces assises?

Je voudrais en premier lieu vous dire merci d’être venu et merci à M. Barthelemy Kouamé, DG d’ACTUROUTES, premier partenaire du FERA en Côte d’Ivoire, en matière de communication. Si je devais faire un bilan des premiers jours, je dirais que c’est un sentiment de satisfaction d’abord pour la cérémonie d’ouverture qui s’est passée dans d’excellentes conditions. Je mets l’accent sur le ministre des infrastructures, du transport terrestre et du désenclavement, M. Mansour Faye, et le président de l’AFERA, M. Ali Ipinge, qui ont marqué par leurs discours respectifs l’ambition de l’association. Le ministre des transports a surtout insisté sur la pérennité des fonds routiers africains. Après une trentaine d’années d’existence, il faut aujourd’hui faire son bilan et essayer de voir ce qui marche dans ces fonds, ce qui ne marche pas et apporter les réformes nécessaires. Il a cité le Sénégal en exemple. Le fonds créé par décret en 2007 a été reformé en 2020 pour être recréé à travers une loi votée à l’Assemblée nationale. Les nouveaux textes font du FERA qui était un fonds de 2e génération un fonds de 3e génération. La différence entre les deux types de fonds, c’est la nature des travaux réalisés et la capacité à aller chercher les ressources nécessaires pour l’entretien routier. C’est bien de construire des routes, mais il faut aussi les entretenir. La mission première du FERA restera l’entretien routier pour préserver le patrimoine existant. Mais avec cette nouvelle loi, le FERA est invité à participer au financement des travaux neufs et des travaux de réhabilitation. C’est une nouvelle mission confiée au FERA par les plus hautes autorités pour résorber le gap de besoins en construction de routes sur l’ensemble du territoire national.


Vous sentez-vous rassuré sur la question de la durabilité des fonds routiers qui est le thème même de cette Assemblée générale?

On est rassuré. Non seulement pour le FERA du Sénégal mais aussi pour tous les fonds d’entretien routier du continent. Parce que, comme nous le disons au sein de la grande famille AFERA, nos Etats sont conscients qu’on ne pourra pas sauvegarder les routes du continent tant qu’on n’aura pas de fonds routiers avec des textes qui garantissent leur pérennité mais aussi qui leur garantissent la capacité de mobiliser suffisamment de ressources destinées à l’entretien routier.


Au cours des échanges, il été aussi question de la durabilité et la résilience des routes…

La durabilité des routes dépend de plusieurs facteurs. Le premier et le plus important est la charge à l’essieu. Toutes les études, et même une présentation au cours des ateliers, ont montré que parmi les ressources de financement des fonds routiers, il y a les pénalités liées à la surcharge à l’essieu. Aujourd’hui, les FER souhaiteraient que cette ressource disparaisse et que les usagers respectent strictement la charge à l’essieu. Les pénalités prélevées ne peuvent pas couvrir les frais de réparation de ce qu’un camion surchargé dégrade. D’où la nécessité de faire respecter la charge à l’essieu. C’est l’un des paramètres à prendre en compte dans la résilience des routes. Mais il y a d’autres paramètres qui ne dépendent pas des fonds routiers. Car, souvent, nous sommes exclus de la programmation et la réalisation des travaux, surtout des travaux neufs. Ce sont d’autres structures qui planifient, réalisent et livrent les ouvrages. Le fonds routier n’étant pas dans la programmation, ni dans la réalisation, ce sera difficile pour nous de pouvoir juger de la qualité des routes livrées.


Certains experts estiment qu’il est dangereux pour un fonds routier de mobiliser de l’argent sur les marchés internationaux à cause de la dette qui en résulte. Quel est votre avis?

Je ne pense pas que ce soit dangereux. Des fois, il est préférable de disposer de fonds tout de suite pour respecter la programmation de l’entretien que d’attendre un point où les routes sont à reconstruire. Car, la reconstruction coûte beaucoup plus cher. C’est vrai qu’après avoir emprunté des ressources que ce soit auprès des partenaires étrangers qu'au niveau des banques locales, il faut rembourser la dette. Ce que nous souhaitons, c’est que les ressources mobilisées soient judicieusement utilisées pour que ces fonds puissent avoir leur effet sur la durabilité des routes, afin de réduire les besoins en travaux d’entretien.


La session plénière de l’AG se tient ce mercredi. Quelle idée allez-vous défendre pour la durabilité des fonds routiers?

Déjà, il y a des pistes de réflexion. Il y a un besoin d’harmonisation des textes de fonds routiers. Au niveau de l’UEMOA, il y a déjà la directive 11. Mais beaucoup de fonds estiment que cette directive doit être relue et améliorée pour être plus en phase avec les difficultés auxquelles les fonds sont confrontés dans nos États. Ceci, je le cois, fera partie des recommandations. Au niveau du continent, on a l’idée de se rapprocher de l’Union Africaine pour qu’il y ait une directive continentale qui parle d’harmonisation des pratiques des fonds routiers sur le continent.


Comment procéderez-vous pour véhiculer le message auprès des usagers de la route ?

Ce que nous voulons expliquer aux usagers de la route, c’est qu’il y va du coût d’exploitation des véhicules. Une route de bonne qualité réduit fortement le coût d’exploitation des véhicules. Par contre, s’ils continuent à ne pas respecter la réglementation, et que les routes se dégradent, ce sont eux qui paient les pots cassés. Car les coûts d’exploitation vont monter et la durée de vie des véhicules va baisser. Leur outil de travail va donc se détériorer. On va aussi faire des recommandations pour qu’ils puissent rigoureusement appliquer ces textes pour soulager les finances de nos différents États. Construire une route coute énormément cher. Mais avec une mauvaise politique d’entretien routier, c’est encore plus difficile. Car toutes les routes construites vont se dégrader en un temps record. Dans ce cas, il faudra toujours tout recommencer.

 

Entretien réalisé par

Célestin KOUADIO

Envoyé spécial

kcelest1@yahoo.fr

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