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Cette voie est régulièrement "infectée" depuis des années, selon des riverains. Photo Acturoutes |
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Au lendemain de la 4e journée mondiale de l’environnement, on peut voir des eaux usées sur la chaussée. Entre les communes de Cocody et d’Abobo, dans la ville d'Abidjan. Ces eaux proviennent des fosses sceptiques des habitants du Plateau-Dokui. Elles sont quotidiennement libérées par les populations elles-mêmes.
De fait, la route Cocody-Abobo, par Angré-Mahou, est une voie puante depuis plusieurs jours, voire plusieurs semaines. En plus d’être très dégradée, la route dégage une odeur suffocante qui pollue forcément l’air. En la voyant de loin ce dimanche 6 juin, on aurait dit qu’une grosse pluie s’est abattue sur la zone, la nuit d’avant. Que non ! L’eau qui stagne à plusieurs endroits est le fait de l’homme.
En effet, si ce phénomène survient à la saison pluvieuse, c’est tout simplement parce que ceux qui sont à la base « profitent » de la pluie, comme l’explique Coulibaly, un riverain. « Ici, les gens font appel très rarement aux camions de vidange. Dès les premières gouttes de pluies, les fosses sont ouvertes et l’eau libérées », affirme-t-il. En précisant que « cela fait des années que ces gens profitent de la pluie pour vider les fosses ».
Cette eau coule depuis les environs de l’église Sainte Monique au Plateau-Dokui pour descendre vers la gare des taxis communaux de Cocody-Angré. En empruntant la voie principale qui lie les communes de Cocody et d’Abobo. Sans caniveaux, et non bitumée, la route retient à plusieurs endroits cette mauvaise eau à cause de nombreux et gros nids de poule qui la parsèment.
En parcourrant la voie « infectée », il arrive que des piétons se bouchent le nez. Les automobilistes savent qu’ils ne devront pas perdre du temps à repasser chez le laveur-auto, une fois la traversée terminée. Quant aux enfants, ils jouent, insoucieux aux abords de la voie. Beaucoup sont nés après le début de ce phénomène, et sont comme immunisés. Du moins, par rapport à l’odeur. « Nos enfants sont trop fragiles. Ils tombent trop vite malade », lancent une mère de famille, sous couvert d’anonymat. Elle ne supporte plus « cette route pleines de maladies », comme elle l’appelle.
Mais la situation n’émeut personne qui puisse la faire disparaître. Pourtant, un député de la nation a sa résidence sur la ligne. Depuis de nombreuses années, il pratique cette route nauséabonde. Aussi, l’importance de cette voie a créé par le passé un « conflit » entre les maires de Cocody et du Plateau.
Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il faudra du temps pour que la journée mondiale de l’environnement ait un sens en Côte d’Ivoire. Et surtout à travers les routes et les rues. Le gouvernement a cru bon cette année d’inviter les populations à veiller à ce que les rues et espaces publics soient débarrassées des sachets plastiques qui sont partout. Peine perdue ! Le mal est plus profond que cela. Tout simplement, parce que « qui peut le plus, peut le moins ».
Barthélemy KOUAME
barthelek@acturoutes.info