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Pour le général Mangou, l'armée ivoirienne a toujours été "républicaine" |
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Petit bilan de l’action de l’armée sur les routes en cinquante ans d’existence de la Côte d’Ivoire. C’est à cet exercice que Acturoutes a soumis le général Philippe Mangou, Chef d’état-major de l’armée régulière. « Nous avons des hommes très professionnels à qui il faut tout simplement donner les moyens pour qu’ils soient encore plus efficaces », a-t-il répondu, interrogé à l’occasion du lancement officiel des festivités du cinquantenaire. Dans cet entretien exclusif, le général Mangou accepte aussi de commenter sa dernière opération contre le racket routier exercé par les hommes en tenues.
Mon général, comment avez-vous trouvé la cérémonie de lancement officiel des festivités du cinquantenaire de la Côte d’Ivoire ?
C’est une très belle cérémonie. Nous avons apprécié le discours de son excellence Monsieur le Président de la république. Cette cérémonie nous inspire deux choses à retenir. La première, c’est le côté festif et la deuxième est le côté réflexion. Cela fait 50 ans que nous sommes indépendants. Cette indépendance a été acquise de haute lutte. Le président l’a évoqué, beaucoup sont morts pour cette indépendance. C’est vrai qu’après avoir acquis l’indépendance, beaucoup de choses ont été faites, mais malheureusement les enfants de ce pays ont eux-mêmes défiguré ce pays. Ils ont créé la misère, et aujourd’hui, dans le cadre de cette crise, nous sommes revenus cinquante ans en arrière et il y a lieu de se poser des questions pour savoir réellement ce que nous avons fait de notre indépendance.
Etes-ce que le général Mangou peut se dire fier de l’action de notre armé sur les routes, au cours de ces cinquante ans ? On a l’impression que notre armée a été régulièrement mise au banc des accusés dans le cadre de ses activités sur les routes.
Notre armée mise au banc des accusés, ce serait exagéré. Notre armée a œuvré efficacement. Notre armée s’est montrée véritablement républicaine. Nous avons eu nos hommes qui ont combattu pour permettre à notre pays de rester débout, pour permettre à notre pays de rester indépendant. Et aujourd’hui, avec le retour progressif de la paix, nous avons demandé à nos militaires d’adopter une nouvelle posture, celle de retrousser les manches et de revêtir une nouvelle tenue, celle d’agent de développement, et de se mettre à la disposition de la population. D’où tous les efforts que nous sommes en train de déployer pour que l’économie reprenne. J’entends bien sûr lutte pour la fluidité routière, lutte contre le racket. Tout cela, c’est pour permettre à notre économie de se remettre sur pied, mais aussi permettre de sécuriser les routes. Il y a la lutte contre les coupeurs de routes, et cette lutte est menée partout par nos éléments qui sont encore sur la ligne de front, et qui se battent corps et armes pour le développement de notre pays et pour l’avènement de la paix en Côte d’Ivoire.
Justement, il y a une dizaine de jours, vous avez lancé une grande opération d’affichage routiers et de spots télé contre le racket routier. Mais mon général, cela a l’air d’être du déjà vu. Qu’en pensez-vous ?
Votre question m’amène à faire un bref historique. C’est vrai que tout le monde a parlé de lutte pour la fluidité routière. Il y a eu plusieurs réunions, plusieurs conférences, et que les résultats bien que pertinents sont restés quelques fois dans les tiroirs. Quelques fois, leur application sur le terrain n’a pas été à la hauteur de ce qu’on espérait. Nous-mêmes, nous avons pris le relais pour organiser un séminaire, mais malheureusement, nous n’avons pu mettre en exécution les conclusions issues de ce séminaire parce qu’il y a eu plusieurs rebondissements de la crise. Souvenez-vous des attaques de Noé, des attaques du camp d’Akouédo, souvenez-vous des attaques d’Anyama qui nous ont amené à prendre des dispositions contraires aux conclusions du séminaire. Et il y a eu les directives du Chef d’état-major, avec le lancement de l’opération en juin 2008. Vous avez vu les résultats. Ça été la réduction des barrages, ça été de permettre à tous les usagers de la route qui n’étaient pas en règle de se mettre en règle. Malheureusement, nous avons été confronté à un certain nombre de points. D’abord, le soutien du gouvernement nous a manqué, et ensuite nous avons manqué réellement de moyens logistiques pour mener notre action jusqu’au bout. Aujourd’hui, nous avons une oreille attentive du gouvernement, notamment à travers l’action efficace que mène à nos côtés Monsieur le ministre de l’Economie et des finances. Nous avons également eu l’apport de la Banque mondiale, et cela nous permet de repartir.
Que donnent les premiers résultats de cette nouvelle phase ?
Nous sommes à la phase de sensibilisation. Nous continuons de sensibiliser. La sensibilisation se poursuit pour le mois de février, et à partir du 1er mars, nous allons passer à la répression.
Combien d’années estimez-vous nécessaires pour que notre armée n’ait plus de problèmes avec la population sur les routes ?
Notre armée n’a pas de problèmes avec la population. Il n’y a pas qu’en Côte d’Ivoire qu’on rencontre le phénomène du racket sur les routes. Comme je vous l’ai dit, nos hommes mènent leurs actions dans des conditions extrêmement difficiles, de jour comme de nuit. Ce à quoi, nous devons nous attendre, c’est la restauration et la restructuration de notre armée. Et il faudra que l’Etat puisse donner des moyens conséquents à nos hommes, pour travailler comme il se doit. Nous avons des hommes très professionnels à qui il faut tout simplement donner les moyens pour qu’ils soient encore plus efficaces.
Entretien réalisé par
Barthélemy KOUAME
barthelek@acturoutes.info