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Malabo: nouveau départ pour l’intégration de l’Afrique

ActualitéPublié le 21-06-2019 14h06

Entente parfaite entre le président de la BAD et le Chef de l'Etat de la Guinée Equatoriale, sur les enjeux et conditions de l'intégration régionale. Photo AfDB

Les dirigeants de la Banque Africaine de Développement (BAD) peuvent se réjouir d’avoir réussi les Assemblées Annuelles 2019. Non pas seulement parce que le cérémonial a été parfaitement exécuté mais surtout parce que le thème a été traité en grandeur nature…Laissant augurer un réel devenir pour l’intégration africaine.

Malabo, petite ville insulaire au décor paradisiaque, parait coupée du reste de l’Afrique. Seulement quelques 300 mille personnes y vivent. Unique capitale de langue espagnole en Afrique, Malabo restait éloignée du reste du continent par le manque de vols fréquents et des formalités d’entrée qui peuvent être rudes, même pour les Africains.

La compagnie Air France, alors qu’elle est l’une des compagnies les plus solides au monde, a annulé son vol à la veille des Assemblées Annuelles de la BAD, pour les passagers au départ de Paris. Une semaine plus tard, le vol retour pour les passagers en direction de Paris a encore été annulé. Alors qu’environs 2 mille personnes ont assisté aux Assemblées Annuelles de la BAD.

Les plus hauts dirigeants du pays reconnaissent quelques « tracasseries », même s’ils ne l’appellent pas de la même façon. A la tribune de la cérémonie d’ouverture, le président Theodoro Obiang Nguema a expliqué pendant longtemps l’histoire de son pays. Ses combats quotidiens contre ceux qu’il qualifie d’« envahisseurs » ou d’« agresseurs », « les mercenaires ». Pour le Chef de l’Etat équato-guinéen, l’intégration ne doit pas se faire sans maitrise des frontières, encore moins de la sécurité nationale. Tout en évoquant la crise libyenne qui selon lui a des répercussions graves sur les pays de l’Afrique de l’Ouest, voire de toute l’Afrique.

Les Assemblées Annuelles de la BAD 2019 auront été l’occasion pour le président Obiang Nguema de faire voir son pays « comme on le voit jamais ». Les transformations opérées qui ont fait de ce petit pays l’un de ceux qui ont le plus grand revenu par habitant en Afrique. Les routes, les autoroutes, ainsi que la « révolution » opérée à Sipopo, une enclave de Malabo, qui servait de champs de canne à sucre du temps de la colonisation, totalement transformée aujourd’hui en une citée moderne que le président dédie à toute l’Afrique.

Le ministre des finances, Cesar Augusto Mba Abogo, qui a conduit ces réunions en tant que président du Conseil des gouverneurs a constamment répété le message. « Faire découvrir la vraie Guinée Equatoriale. Celle qu’on ne vous montre jamais ». L’offre de visiter le reste du pays, faite aux délégations des médias, au-delà des Assemblées Annuelles de la BAD, obéit à cette vision. Bien plus, Malabo et ses dirigeants ont visiblement accepté de s’approprier le rôle moteur que semble leur avoir proposé ces réunions annuelles de la BAD.

« Investir dans l’intégration »

Pour le président de l’institution, il y va de la survie, du rayonnement de l’Afrique. Avant même l’ouverture officielle des assises, Akinwumi Adesina n’a pas arrêté de pointer du doigt les disparités en matière de libre circulation des biens et des personnes sur le continent. Il a répété que plus de la moitié des pays en Afrique continuent d’instaurer un visa rigide pour les nationaux africains, alors même que la plus grande zone de libre échange économique est en cours de constitution en Afrique. « Nous devons investir dans l’intégration, dans les transports, dans les infrastructures, dans la diversification de l’économie », a-t-il martelé. Assurant le soutien de la BAD à la Guinée Equatoriale dans la crise économique liée à la dépréciation des matières premières, notamment du pétrole.

Diplomate mais se voulant pragmatique, le président de la BAD n’a pas manqué d’affirmer que « l’Afrique centrale a les conditions les plus difficiles d’obtention de visa » en Afrique. « Il faut changer cela », a-t-il insisté. Et pour rassurer ceux qui voient en l’intégration régionale l’importation de l’insécurité, le président de la BAD préconisera : « il faut créer l’emploi de qualité et vaincre la pauvreté. Il faut accélérer la croissance économique… ». Parce qu’en définitive, il s’agit de « débloquer toutes les contraintes qui limitent la productivité », a conseillé le président de la BAD.

Malabo aura donc été un moment de débats directs, où les maux qui minent l’intégration n’ont pas fait l’objet de tabou. Même l’année électorale que constitue 2020 à la tête de la BAD n’a pas éclipsé l’expression claire des problèmes de fond que rencontre le processus d’intégration régionale.

C’est que M. Adesina peut compter sur un « solide » bilan. Non seulement sous lui la banque a conservé son triple A des agences de notation, signe de « la bonne santé économique et financière », mais aussi les actionnaires ont donné leur accord pour une augmentation du capital. Chose qui devrait être effective en septembre ou au plus tard en octobre prochain.

La BAD d’Akinwumi Adesina, c’est surtout des projets d’intégration : le pont sénégambie, qui a donné la victoire au président gambien lors de la 4e édition de The Africa Road Builders – Trophée Babacar NDIAYE, le pont entre les deux Congo, le pont sur le fleuve Ntem pour relier le Cameroun à la Guinée Equatoriale, le corridor 13, la route Addis Abeba (Ethiopie) Mombasa (Kenya), le corridor Abidjan – Lagos…Ce sont autant de projets qui sous-tendent la vision « intégrer l’Afrique » de l’actuel président de la BAD. « 55 millions de personnes ont eu accès à des services améliorés de transport » ces dernières années, s’est-il félicité.

Mais pour autant, tout n’est pas accompli. S’il sollicite un second mandat, c’est pour achever les projets encore en suspend et pour parachever l’œuvre d’intégration de l’Afrique, a expliqué Akinwumi Adesina. « Pour moi, être président de la BAD n’est pas un job. J’ai la passion de l’Afrique », a déclaré M. Adesina qui tentera de briguer son 2e et dernier mandat l’an prochain à Abidjan. « Avec humilité, je me présenterai à un 2e mandat pour terminer le travail que nous avons commencé », a-t-il ajouté.

Barthélemy KOUAME
Envoyé spécial à Malabo (Guinée Equatoriale)
barthelek@acturoutes.info

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