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Il n'avait pas peur du terrain. Cette image en dit davantage sur ses convictions et sa force de travail. |
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C’est comme un meneur de jeu qu’on sort. De façon inattendue. Bien entendu, cela fâche les supporters qui craignent que l’équipe perde. Patrick Gérôme Achi a cela de particulier qui met tout le monde (toutes sensibilités confondues) d’accord sur les qualités recherchées par une équipe gouvernementale. Hélas, le bâtisseur des ponts et chaussées a été sacrifié sur l’autel de la politique.
A ce qu’on voit, le chantier de l’autoroute du nord, « aux portes de Yamoussoukro » auront compté très peu. De même la réhabilitation de différentes voies à Abidjan et Bouaké n’auront pas pesé lourd. Tout comme, la pose de la première du pont du pont de Jacqueville, attendu de longue date par les populations. L’histoire retiendra surtout que le ministre en charge des routes a été limogé alors qu’il avait réussi à acquérir la confiance des bailleurs de fonds pour l’un des ouvrages les plus demandés et les plus utiles pour la Côte d’Ivoire : le pont Riviera-Marcory.
Formé dans la précision de la Physique et notamment de l’électricité dont il est un ingénieur, Patrick Achi a l’atout majeur d’être un parfait négociateur. Quand « les bailleurs de fonds traditionnels » lâchent la Côte d’Ivoire, il s’inspire de la pensée de Houphouët-Boigny : « découragement n’est Ivoirien ». Et s’en va à l’assaut d’autres bailleurs, notamment dans les pays du Golfe. Au finish, non seulement il conquiert de nouveaux partenaires, mais il peut être fier d’avoir ramené ceux qui étaient partis…L’histoire du 3e pont d’Abidjan en est un témoignage éloquent.
A la tête du ministère des Infrastructures économiques, les actions de Patrick Achi étaient dirigées par une idée forte. « La Côte d’Ivoire a pour ambition d’être un pôle économique majeur, la meilleure porte d’entrée du continent africain. C’est un objectif noble, qui ne peut être atteint que par le développement, la modernisation croissante et continue des infrastructures routières, portuaires et aéroportuaires, assurées de jouer un rôle de premier plan dans nos échanges avec le reste du monde », a-t-il en effet écrit dès son arrivée à la tête de ce ministère.
« Tout ce que Dieu fait est bon »
Patrick Achi savait qu’il n’était pas éternel à ce poste qu’il occupait depuis 2002. Les observateurs qui l’admirent pour son dynamisme reconnaissent également qu’il n’était pas irremplaçable. Mais tous étaient loin de s’imaginer que l’Etat allait prendre le risque de le changer brutalement…Signe d’une reprise à zéro. Cela n’a rien à avoir avec le talent personnel et autres qualités que peut avoir son successeur.
Mardi 09 mars, ce sera totalement fini de la fonction de ministre des Infrastructures économiques pour Patrick Gérôme Achi. Y reviendra-t-il un jour ? Pour l’heure, on peut être certain que les routes de sa vie le mèneront ailleurs…En attendant, l’homme n’a d’autres appréciations de la situation que cette phrase : « tout ce que Dieu fait est bon ». Sans aucun autre commentaire.
L'Editorial de
Barthélemy KOUAME
barthelek@acturoutes.info